Les Africains sont scolarisés dans la langue des anciens colonisateurs bien que, dans la vie courante, ils parlent un ou plusieurs idiomes locaux. Comment conserver le bénéfice, par exemple pour effectuer une carrière à l’international, de s’exprimer en français, en anglais ou en portugais sans pour autant entériner une domination culturelle ? Des expériences d’enseignement bilingue ou plurilingue se développent timidement, des classes élémentaires à l’université, sur tout le continent. Il faut parfois inventer des mots pour désigner, dans les langues locales, certains savoirs scientifiques modernes. Les auteurs, pour la plupart des chercheurs africains, ouvrent la réflexion sur des cadres pédagogiques encore à inventer. Les défis sont immenses : le Sénégal connaît 30 idiomes différents, le Cameroun 240… L’ouvrage souligne l’urgence d’une réflexion panafricaine sur la promotion des langues locales dans l’enseignement sans exclure celles héritées de la colonisation.
Anne-Cécile Robert